Pendant la période Edo (1600-1868), le kendo moderne prend son essor à la faveur de la paix qui marque cet « âge d'or » du Japon classique, alors totalement fermé au reste du monde. Le kendō est alors l'un des 18 arts martiaux que doit pratiquer le samouraï. De nombreux traités sur le sabre sont publiés à cette époque au Japon tel le Hagakure de Yamamoto Jocho. Le kendō devient alors « populaire » en profitant des techniques d'entraînement mises au point dès le XVIIe siècle : sabre en bambou (shinaï) et différentes protections.
À l'occasion de l'ouverture au monde du Japon (1868), la caste des samouraïs est dissoute et les arts martiaux méprisés par les Japonais eux mêmes. En 1900, toutefois, une fédération universitaire de kendō est fondée au Japon, la Zen Nippon Kendō Renmei, qui joue un rôle déterminant dans la codification du kendō moderne et sa diffusion à l'étranger. L'Occident découvre le kendō dès le XIXe siècle à travers des récits de voyages. En 1899, une première présentation de kendō a lieu en France à l'occasion de la visite du créateur du judo moderne, Kano Jigoro.
La chute du Japon en 1945 porte un coup sévère aux traditions japonaises. Il faut ainsi attendre 1950 pour assister à la réouverture des écoles d'arts martiaux au Japon. À cette occasion, des maîtres sont dépêchés à l'étranger, en France notamment. Citons ici maître Mochizuki Minoru, notamment 4e dan de kendō. Sous le contrôle de ces maîtres japonais, parfois rivaux, la France commence la pratique du kendō dès le début des années 1950 sous l'égide de la Fédération Française d'Aïkido, Taï-Jitsu et kendō qui organise le premier championnat de France de kendō en 1959. Les premiers championnats du monde ont lieu le 5 avril 1970 à Tōkyō organisés par la toute jeune fédération internationale fondée par les Européens en février 1970 : International Kendō Federation.

